Association belge pour la littératie - Section francophone

Appel à contribution Caractères 64

Différencier les apprentissages en lecture/écriture : des outils pour aider chaque élève à progresser dans le tronc commun

Dans le cadre du décret relatif à l’implémentation de dispositifs de différenciation et d’accompagnement personnalisé dans l’enseignement fondamental et secondaire prévu par le Pacte pour un enseignement d’excellence, de nombreuses équipes pédagogiques ont manifesté leur intérêt pour prendre part à l’expérience et ont été accompagnées par des équipes de recherches. Grâce à l’octroi de périodes supplémentaires permettant l’engagement de co-enseignant.e.s, plusieurs dispositifs et outils ont été mis à l’essai pour favoriser le déploiement de pratiques de différenciation (apprentissage de la lecture/écriture au primaire et au secondaire).

Concrètement, les articles proposés rendront compte soit de la mise en œuvre d’un outil d’enseignement apprentissage de la lecture/écriture, soit d’un outil permettant de renforcer la différenciation en lecture/écriture.

Le comité de rédaction attend les contributions pour le 6 septembre 2021 en vue d’une publication en novembre 2021.
Les consignes rédactionnelles sont détaillées sur le site de l’ABLF : https://www.ablf.be/images/stories/ablfdocs/Consignes_redactionarticles.pdf

Jouer!

Olivier Le Brun. Esperluète, 2020 – coll. L'oeil voyage

Par Brigitte Van den Bossche

Vivifiant. Vibrant. Telles sont les premières impressions ressenties en découvrant cet opus photographique signé Olivier Le Brun. Un ensemble d'images en noir et blanc qui procure un ravissement intérieur, amuse et attendrit le regard. N'ayons pas peur des mots : oui, ce florilège iconographique fait un bien fou, en nous dévoilant une humanité sereine, insouciante et complice d’une manière sérielle – le livre est conçu selon une succession de types de jeux : déguisement, grimage, château de sable, jet de cailloux, jeux de dames et d'échecs, jeux d'eau et de ballon, partie grands-parents/enfants, parties de cartes…


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Par Philippe Brion et Jacques Fijalkow

Le deuxième article publié dans ce numéro est proposé par Philippe Brion, Professeur Certifié des Sciences de la Vie et de la Terre au Collège Lou Redounet d’Uzès et Jacques Fijalkow, Professeur Émérite de l’Université Toulouse - Jean Jaurès. Les deux auteurs démontrent les apports d’une approche whole language dont le principe est de présenter aux élèves des écrits qui ne sont pas simplifiés à des fins d’enseignement. Ils ont mis en œuvre cette approche au collège dans une classe de 5e (12-13 ans) dans le but de développer les capacités de lecture-écriture d’un écrit particulier  : le graphique. L’approche whole language a traditionnellement été opposée aux approches focalisées sur des compétences enseignées de manière isolée et systématique. Il s’est donc agi de proposer directement aux élèves de découvrir et réaliser des graphiques et d’utiliser le vocabulaire authentique lié à la production de ceux-ci. L’article décrit la méthodologie adoptée par les auteurs, inspirée des travaux qu’ils ont déjà réalisés dans l’enseignement primaire. Il analyse ensuite l’évolution des compétences des élèves après une année d’apprentissage et montre que les acquis se situent principalement au niveau des capacités de graduation des axes, de placements des points et d’écriture du titre qui devient une partie non sécable du graphique. En comparant les productions des élèves avec celles des apprenants d’autres classes ayant suivi une approche plus classique, décomposant l’enseignement des différents aspects de l’écriture du graphique, les auteurs mettent en évidence que les élèves qui ont suivi une approche whole language sont davantage préoccupés par l’écriture du titre, composante essentielle du graphique, que les élèves qui ont bénéficié d’une approche plus analytique.

L'article complet en PDF

Par Roxane de Limelette

Je suis très heureuse que l’ABLF ait proposé à l’ASBL Boucle d’or de coordonner la rédaction de ce numéro de la revue Caractères autour de la lecture avec les tout-petits (0-5 ans).

L’ASBL Boucle d’or est née en octobre 2017 et a pour mission de soutenir et de promouvoir un accès aux livres pour tous les enfants, et ce dès leur plus jeune âge, en étudiant, proposant et accompagnant la mise en œuvre de projets culture-enfance centrés sur les livres. Elle s’inscrit dans la lignée d’associations françaises, telles que ACCES, initiatrice de ce type d’action il y plus de 40 ans, l’Agence Quand les livres relient, et bien d’autres.

​Il s’agit de sensibiliser les intervenants de la petite enfance et les familles au fait que les livres occupent une place primordiale dans le développement cognitif, psychologique, social et culturel de l’enfant, et de les guider sur la façon d’accompagner les premiers pas de l’enfant dans le monde de la littérature. L’objectif essentiel de l’association est ainsi de lutter contre les inégalités scolaires et sociales, inhérentes à l’absence de ces précieux objets culturels que sont les livres et la langue du récit, dans les premières années de la vie de l’enfant.

Au moment de rédiger ce numéro de Caractères autour de la lecture avec les tout-petits, nous sommes confinées chez nous et extrêmement préoccupées par les conséquences de cette crise sur les enfants, et plus encore ceux issus de milieux défavorisés. La fracture sociale et scolaire dont ils sont déjà victimes va plus que probablement se voir accentuée. Et ce n’est pas être devin que de le prédire ! Nous sommes sensibles au désarroi des parents de ces enfants qui, bien souvent, ont le souci que leurs enfants réussissent à l’école mais pour qui « faire l’école » à la maison est une tâche extrêmement compliquée. Sans oublier qu’à côté de cette préoccupation d’assurer un soutien pédagogique à leurs enfants, il y a parfois celle beaucoup plus urgente et pragmatique de simplement leur offrir un repas. Nous pensons à tous ces enfants, en devenir bilingues, qui ont la chance de parler une autre langue à la maison mais qui, durant cette période de confinement, sont coupés de leur langue de scolarisation, le français. Confinées chez nous, nous nous sentons bien impuissantes face à cette situation.
L’ASBL Boucle d’or a gardé le contact avec les enfants de deux classes maternelles dans lesquelles je vais lire tous les quinze jours depuis un an et demi. Ce contact se maintient via des capsules vidéo de lecture d’albums que j’ai réalisées pour eux. Cela a pu être mis en place grâce à l’engagement de l’institutrice qui s’est battue pour rassembler les parents sur un groupe wathsapp afin de ne pas perdre le lien avec ses élèves. Elle est parvenue à les réunir quasi tous.

Une lecture d’album à des jeunes enfants via un écran ! Nous sommes aux antipodes de ce que nous défendons depuis toujours corps et âme, et de ce que nous continuerons à défendre parce que c’est absolument essentiel avec de jeunes enfants : la rencontre ! Le tout-petit se construit dans la relation avec le monde et avec les autres, pas face à un écran qui le rend passif et souvent solitaire. Rien ne se fait sans l’interaction humaine. A l’instar de ce petit bonhomme de 24 mois qui, devant l’album Bon... de Jeanne Ashbé, s’écrie en pointant l’illustration : Oh une gu’enouille ! Ah oui, c’est une grenouille approuve sa grande sœur, et le petit bonhomme d’enchainer sur le ton de l’évidence Ah boui ! Et c’est via cette boucle rétroactive, cette boucle d’or, que l’enfant se construit, développe sa pensée, sa lecture du monde, ses aptitudes relationnelles et son langage. Passer par les écrans aujourd’hui est un pis-aller à utiliser avec prudence et réflexion. Ne l’oublions surtout pas !

Il va falloir être inventifs, il va falloir dégager des moyens, il va falloir faire une priorité d’aider ces enfants et leurs familles. L’ASBL Boucle d’or sera sur le terrain dès que possible. En attendant, nous sommes heureuses de partager avec vous ce numéro de Caractères autour des richesses essentielles qu’apportent ces moments de lecture partagés avec les jeunes enfants.

Bonne lecture !

Par Michaël Da Costa

La mise en réseau d'albums, c'est le défi que s'est lancé Michaël Da Costa, instituteur primaire fraichement diplômé de la HEB/Defré, pour structurer son approche de la littératie avec des élèves de troisième et quatrième primaire. Très pratique, il fait écho à l'article de Graziella Deleuze en nous proposant une description du dispositif qu'il a mis en œuvre dans le cadre de son travail de fin d'études, afin d'analyser avec ses élèves les différents rapports que peuvent entretenir le texte et les illustrations. Les quatre albums découverts avec les élèves sont Mon ballon de Mario Ramos, qui a permis une analyse de la redondance entre les textes et images ; Remue-ménage chez madame K de Wolf Erlbruch pour le rapport de collaboration ; L'Afrique de Zigomar de Philippe Corentin pour le rapport de disjonction et enfin Le code de la route de Mario Ramos, album sans texte qui a permis, via une activité de création de texte, la mise en pratique des savoirs acquis sur les différents rapports texte/image lors des lectures précédentes.
L'auteur décrit son dispositif en précisant le mode d'organisation (lecture/découverte en grand groupe, cercles de lecture, etc.) et en rapportant les questions qu'il a posées aux élèves ainsi que leurs réactions orales et écrites.

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Par Isabelle Mary et Emilie Darge

Le troisième article est proposé par Isabelle Mary et Emilie Darge, institutrices en 1re et 2e années primaires, avec la collaboration de Belinda Firmani, maitre-assistante à la Haute École Robert Schuman. Les deux enseignantes ont expérimenté l'utilisation du tableau blanc interactif pour découvrir avec leurs élèves l'album Tricycle d'Olivier Douzou. Leur objectif était d'exploiter au maximum les possibilités d'inférence qu'offre cet album. L'article commence par en décrire finement le contenu et ses possibilités d'exploitation. Le rapport texte-image y fonctionne dans un rapport de complémentarité qui oblige le jeune lecteur à faire des liens entre son expérience de vie et les indices fournis par l'illustration et le texte.
L'article rapporte fidèlement le contenu des échanges entre les enseignantes et les élèves lors de la découverte des différentes pages de l'album. Complété par l'apport plus théorique de Belinda Firmani, il souligne les bénéfices de l'usage du tableau blanc interactif dans la construction collective du sens. Favorisant l'interactivité entre l'enseignant et les élèves ainsi qu'entre les élèves, le TBI garde trace des interactions et offre une occasion aux élèves mais aussi aux enseignantes, de se familiariser à l'utilisation des outils numériques.

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