Ablf logobanniere

Caractères 55

Ce numéro 55 de Caractères entame la réflexion avec un premier article écrit par Ekram El Boubsi, institutrice primaire et psychopédagogue à la Haute École Bruxelles Brabant/Defré. L’auteure revient sur la lecture en réseau, dispositif qui permet de mettre en résonance plusieurs textes. Elle avait déjà produit un premier article sur cette question, intitulé Lire autrement : un réseau de livres et publié dans Caractères 46. Dans ce premier article, elle évoquait une séquence d’activités de lecture-découverte de plusieurs albums partageant le thème du Petit chaperon rouge : le conte traditionnel et quelques albums modernes déclinant l’histoire chacun à sa façon.

Dans ce nouvel article, elle décrit une autre séquence d’activités de lecture-découverte d’albums traditionnels portant tous sur le thème du «grand méchant loup.» Son dispositif est conçu pour amener les enfants à mieux recevoir les albums de littérature de jeunesse qui font référence aux contes traditionnels, contes auxquels tous n’ont pas forcément accès en dehors de l’école. Simultanément, elle formalise sa réflexion sur l’enseignement explicite des stratégies de lecture et, en proposant des activités différentes pour chaque album, elle explique comment elle arrive à développer la compréhension des élèves. Elle inclut également une activité qui intègre des questions souvent posées dans les évaluations externes afin de préparer les enfants à ce type de questionnement. Cette contribution a fait l’objet d’une communication lors du colloque organisé le 6 décembre 2015, en collaboration avec la Haute École, sur le thème : Enseignement-apprentissage de la lecture-écriture  : les garants de la participation citoyenne.
Le deuxième article publié dans ce numéro est proposé par Philippe Brion, Professeur Certifié des Sciences de la Vie et de la Terre au Collège Lou Redounet d’Uzès et Jacques Fijalkow, Professeur Émérite de l’Université Toulouse - Jean Jaurès. Les deux auteurs démontrent les apports d’une approche whole language dont le principe est de présenter aux élèves des écrits qui ne sont pas simplifiés à des fins d’enseignement. Ils ont mis en œuvre cette approche au collège dans une classe de 5e (12-13 ans) dans le but de développer les capacités de lecture-écriture d’un écrit particulier  : le graphique. L’approche whole language a traditionnellement été opposée aux approches focalisées sur des compétences enseignées de manière isolée et systématique. Il s’est donc agi de proposer directement aux élèves de découvrir et réaliser des graphiques et d’utiliser le vocabulaire authentique lié à la production de ceux-ci. L’article décrit la méthodologie adoptée par les auteurs, inspirée des travaux qu’ils ont déjà réalisés dans l’enseignement primaire. Il analyse ensuite l’évolution des compétences des élèves après une année d’apprentissage et montre que les acquis se situent principalement au niveau des capacités de graduation des axes, de placements des points et d’écriture du titre qui devient une partie non sécable du graphique. En comparant les productions des élèves avec celles des apprenants d’autres classes ayant suivi une approche plus classique, décomposant l’enseignement des différents aspects de l’écriture du graphique, les auteurs mettent en évidence que les élèves qui ont suivi une approche whole language sont davantage préoccupés par l’écriture du titre, composante essentielle du graphique, que les élèves qui ont bénéficié d’une approche plus analytique.
Le troisième article est proposé par Séverine Tellin, professeur de français dans le secondaire inférieur, qui a pris l’initiative de transposer dans des classes de première et deuxième années du secondaire une approche de l’orthographe déjà rodée dans l’enseignement primaire  : les ateliers de négociation graphique. Un précédent article portant sur cette question a d’ailleurs été publié par France Neuberg et Patricia Schillings dans le numéro 42 de Caractères: Les ateliers de négociation graphique : un outil pour comprendre les raisonnements des élèves en matière orthographique. Dans ce nouvel article, Séverine Tellin revient sur l’intérêt des ANG pour aider les élèves à surmonter les obstacles liées à la surcharge cognitive au moment de la production d’écrits et pour les stimuler à rechercher la forme correcte car ils ont souvent tendance à reléguer l’orthographe au second plan. L’analyse des erreurs réalisée dans le cadre des ANG se révèle également productive car elle met souvent en évidence le raisonnement effectué par l’élève. L’auteure termine son article par une réflexion sur les limites des ANG et les difficultés qu’elle a rencontrées dans leur mise en œuvre au secondaire. Cette contribution a également fait l’objet d’une communication lors du colloque organisé le 6 décembre 2015 sur le thème : Enseignement-apprentissage de la lecture-écriture : les garants de la participation citoyenne.
Ces trois contributions nous rappellent à quel point le développement de la littératie repose sur le travail de réflexion fourni par les élèves, en situation complexe.
Précisons que les actes du colloque sont à présents disponibles :  www.ablf.be.