Association belge pour la littératie - Section francophone

Appel à contribution Caractères 65 : Littératie adulte

Il y a dix ans, dans le numéro 40 de la revue Caractères[1], Anne Godenir revenait sur 5 ans de collaboration entre le mouvement d’éducation permanente 
Lire et Ecrire et des centres de lecture publique au profit du développement des compétences en littératie d’adultes illettrés, c’est-à-dire  «toute personne qui n’a pas les aptitudes de base en lecture, écriture et langue orale, suffisantes pour faire face aux exigences de la vie actuelle » (2011, p 22). De son côté, Lire et Ecrire préfère utiliser l’expression d’analphabète fonctionnel, définie par l’Unesco en 1978, pour qualifier  une personne qui « ne peut se livrer à toutes les activités qui requièrent l’alphabétisme aux fins d’un fonctionnement efficace de son groupe ou de sa communauté et aussi pour lui permettre de continuer d’utiliser la lecture, l’écriture et le calcul pour son propre développement et celui de la communauté ».

Depuis 2011, date de la publication de l’article d’Anne Godenir, la situation de l’alphabétisation a changé, davantage encadrée par les pouvoirs publics, investie à partir de 2012 par la Commission Européenne qui réclame des résultats : « Pour un européen sur cinq, le monde reste difficile à lire : agissez maintenant »[2]. Ils seraient 10% de la population en Belgique francophone[3] à ne pas disposer des compétences de base en  littératie nécessaires pour utiliser l’écrit dans les  apprentissages et dans la vie de tous les jours, que ce soit en réception ou en production. Mais seulement 3184 engagés dans une formation chez Lire et Ecrire en 2020.

Outre l’importance du développement de ces compétences pour les adultes concernés, on peut aussi épingler l’effet que celles-ci ont sur les enfants et leur rapport au lire-écrire, dès lors que l’on sait l’importance de l’environnement familial sur l’apprentissage de la lecture[4], et donc sur le niveau de compétence en littératie de la population dans son entièreté. C’est la raison pour laquelle l’ABLF a voulu investir ce champ dans son 65ème numéro. 

Concrètement, les articles proposés rendront compte soit de témoignages sur des pratiques permettant de développer les compétences en littératie d’un public adulte, soit d’une réflexion sur les besoins de ce même public, soit encore d’outils et dispositifs susceptibles d’éclairer et d’alimenter les pratiques.

Le comité de rédaction attend les contributions pour le 8 janvier 2022 en vue d’une publication en avril 2022.
Les consignes rédactionnelles sont détaillées sur le site de l’ABLF : https://www.ablf.be/images/stories/ablfdocs/Consignes_redactionarticles.pdf

[1] https://www.ablf.be/caracteres/publications-2011

Voir également http://www.ablf.be/images/stories/ablfdocs/_Lettrure3_64.pdf

[2] Voir Bastyns, C., Godenir, A. & Mainguet, C. (2015). Institutionnalisation de l’alphabétisation des adultes en Belgique francophone : en quoi les politiques de l’emploi et la référence à l’employabilité ont-elles modifié le champ ? Dynamiques régionales, 2, 67-76.

[3] Projection obtenue, en l’absence d’enquête spécifique à la Fédération Wallonie-Bruxelles, par le croisement de résultats d’enquêtes internationales et de chiffres statistiques belges sur le niveau d’études, entre autres : Etat des lieux alphabétisation FWB 2014-2016 http://www.alpha-fle.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=d38c4905ce5217262e65e82fc27ab3908d3ff901&file=fileadmin/sites/alpha/upload/alpha_super_editor/alpha_editor/documents/8_EDL_2014-2016/EDL_2014-2016.pdf

[4] Dionne, A.-M., Saint-Laurent, L. & Giasson, J. (2004). Caractéristiques et perception de la littératie chez les parents ayant de faibles compétences en lecture et en écriture. Revue de l’Université de Moncton35(2), 131–154.

Les thématiques de nos prochains numéros
  • Caractères 66 (novembre 2022) : Savoirs langagiers
  • Caractères 67 (avril 2023) : Appropriation du nouveau Référentiel Tronc commun

Les détails et dates de soumission suivront. Varia bienvenus !

M comme la mer

Joanna Concejo,
M comme la mer,
ed. Format 2021

Par Brigitte Van den Bossche

Comme silencieux, une série de dessins se succèdent précédant la page de titre. Ils ancrent l’atmosphère dans laquelle baigne M comme la mer, ils incarnent d’emblée la signature de Joanna Concejo : inspirations photographiques, moments et souvenirs épars, émanations nostalgiques et mélancoliques, odyssée de l’âme humaine… Ces composantes se fondent et se confondent, elles arriment l’histoire, celle d’un garçon solitaire dont n’est dévoilée que l’initiale du prénom – c’est M. 

Note de lecture

Soledad Ferreira et Geneviève Hauzeur

La compréhension en lecture fait l’objet, depuis maintenant plusieurs décennies, de recherches et d’élaborations d’outils didactiques qui permettent aux enseignants de réellement enseigner les démarches de compréhension plutôt que de se limiter à en évaluer la manifestation. Ces avancées, pour la plupart, ciblent en priorité le récit de fiction, sans doute considéré comme plus complexe, plus résistant que le texte à visée informative. Pourtant, tant dans la vie de tous les jours qu’en contexte scolaire, les textes à visée informative sont omniprésents mais loin d’être aussi accessibles qu’ils n’y paraissent à une compréhension immédiate. Les résultats des épreuves externes font d’ailleurs état d’un écart significatif entre les récits de fiction et les dossiers informatifs. Et pour cause, les textes informatifs se caractérisent notamment par la densité des informations, un lexique spécialisé, le renvoi à des connaissances antérieures non explicites ; les informations s’y trouvent dispersées entre segments textuels, schémas, légendes, illustrations, etc. ; autant d’éléments auxquels les élèves sont peu entrainés à faire face.

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Anouk Dumont et Laurence Bregentzer

Dans le cadre du projet Différenciation et accompagnement personnalisé en lecture, de nombreuses équipes d’enseignants ont choisi de travailler la compréhension avec Narramus (Goigoux & Cèbe, 2017) ou la production d’écrits avec Les ateliers d’écriture (Calkins, 2016). Après une brève description du projet de recherche de l’équipe UCLouvain-ULiège, nous décrivons la mise en œuvre de ces deux outils grâce aux témoignages des enseignants et des chercheurs.

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Par Gwendoline Barbay

Les cercles de lecture, dispositifs de lecture diffusés en Belgique francophone par Serge Terwagne, Sabine Vanhulle et Annette Lafontaine , sont des outils favorisant l'implication des élèves dans leur lecture. Initialement conçus pour les classes du primaire, je pense qu'ils ont également leur place dans les classes du secondaire. En effet, face à des élèves du 1er degré du secondaire qui ne sont pas encore des lecteurs accomplis, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas encore développé toutes les stratégies de compréhension ou qu'ils n'ont pas encore acquis le niveau de lecture leur permettant d'aborder des récits plus longs et complexes, ces dispositifs sont un allié de l'enseignant. À travers les interactions qu'ils suscitent, ils deviennent un moteur de la lecture et peuvent la faciliter, tout en permettant aux élèves de s'améliorer.

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Cansu Altepe s’est intéressée aux facteurs susceptibles d’influencer l’interprétation d’albums. En comparant, via une mise en réseau de quatre albums de Rascal, les interprétations d’enfants de 6e primaire issus de contextes culturels différents, elle constate que le rapport à la culture littéraire ainsi que le vécu personnel de chaque enfant déterminent les interprétations produites. Par la même occasion, elle rappelle le travail à mener sur les limites de l’interprétation, par le nécessaire va-et-vient entre une lecture participative et une lecture distanciée.

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Leïla Mebarki

Avec la collaboration de Soledad Ferreira et de Geneviève Hauzeur

Enseignante de français à l’Athénée Royal Uccle 1, Leïla Mebarki ne peut envisager une année scolaire sans mettre en place un projet de longue haleine. Elle retrace ici celui qu’elle a mené avec sa classe de 2e secondaire « complémentaire » (constituée d’élèves n’ayant pas obtenu leur CE1D) à l’AR Verwée à Schaerbeek (où elle a enseigné pendant 9 ans), autour du thème de la journée Portes ouvertes de l’école, « I love Belgium ».

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