Association belge pour la littératie - Section francophone

Appel à contribution Caractères

Après un numéro 62 (novembre 2020) consacré à la littérature au secondaire, nous attendons vos propositions de contribution pour le numéro 63 (avril 2021) consacré aux albums sans texte. Et nous annonçons d’ores et déjà un numéro 64 consacré à l’écrit.
Vos propositions de Varia sont également bienvenues !

Caractères 63 : exploitation des albums sans texte

Dans les albums contemporains, « l'importance de l'image au regard de la narration devient si déterminante que certains ouvrages pour la jeunesse se composent exclusivement d'images sans texte et fonctionnent narrativement de manière efficace » (Prince, 2010 : 170). Pour qualifier ce phénomène, l’auteure parle d' « hypericonicité » (Ibidem). Citons quelques exemples d’albums illustrant cette singularité artistique : La porte (2008) de Michel Van Zeveren, Le code de la route (2010) et Quand j'étais petit (1997) de Mario Ramos, Trois chats (1990, 2015) d’Anne Brouillard, Loup noir (2004) d’Antoine Guillopé… Pour autant, « l’absence de texte n’implique pas l’absence de discours. Bien au contraire, nombre de ces ouvrages sont conçus dans une perspective pédagogique et sollicitent une énonciation. Les albums sans texte appellent une mise en mots de l’image proposée » (Van der Linden, 2006 : 49).

À quels usages et/ou à quelles fins didactiques ces albums aux qualités artistiques étonnantes peuvent-ils se prêter ? C’est à ces questions qu’un prochain numéro de la revue Caractères tentera de répondre.

Le comité de rédaction attend les contributions pour le 15 décembre 2020 en vue d’une publication en mars-avril 2021. Voir les consignes de rédaction.

Références bibliographiques

PRINCE, N. (2010). La littérature de jeunesse. Paris : A. Colin.
VAN DER LINDEN, S. (2006). Lire l’album. Le Puy-en-Velay : L’atelier du poisson soluble.

Un genre d'imagier

Anne-Emilie Philippe, ed. Actes Nord, 2018

Par Brigitte Van den Bossche

De prime abord, cet album a l’air d’un catalogue de formes simples, plutôt organiques et abstraites. Des Formes colorées qui semblent en suspension sur une surface blanche, pure, neutre. Associé à chacune de ces figures, un mot est inscrit verticalement en lettres majuscules sur le bord droit de la page. Il s'agit d'un nom commun, dédoublé de façon systématique : de genre masculin d'abord, il se féminise grâce à l'ajout d'une ou plusieurs lettres – coup.e / mandarin.e / roquet.tte / jumeaux.elles / poudrier.e...

Ce mot, on s'en rend compte au fil des pages, a été délibérément choisi par l’artiste pour l'altération de sa signification dès lors qu’il est féminisé. Autrement dit, le changement de genre induit une variation de sens, de contenu, d'acception.

Dès lors, ce qui apparaissait au premier coup d’oeil comme un catalogue de motifs élémentaires se métamorphose en un imagier complexe, à la portée fertile et d’une conception ingénieuse : une fois soulevée la page-volet comportant l'élément anodin, deux images « interprétatives » se déploient conjointement. Chacune d’entre elles est composée à partir de cet élément et l'une comme l'autre renvoient à une identification nominale propre. L’ensemble est en fait constitué d’une succession de triptyques qui cumulent effet de surprise, malice, subtilité et drôlerie ; une succession de tableaux qui exposent d'abord une forme imaginaire et un mot « genré », et révèlent ensuite leur déclinaison en deux compositions nuancées.

Un genre d'imagier joue avec les mots et et les images. Sa simplicité formelle, son substrat poétique, sa dimension ludique lui confèrent une belle originalité. Une particularité à souligner, d'ordre graphique : l'imagier fonctionne sur un mode de contrastes. La rigidité de l'inscription se frotte à l'aspect courbe et au coloris des formes (volet 1) ; la composition figurative contenue dans chaque triptyque tranche avec l'abstraction formelle du premier tableau.

Anne-Emilie Philippe signe un album construit avec intelligence et finesse, imprimé en risographie et relié « avec amour » - selon les dires de l'artiste figurant dans l'ours final. Un opus marqué par sa sobriété graphique rehaussée de huit couleurs distinctes, dont un rose fluo et un jaune éclatant.

 

 


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Par Martine Quintili

Institutrice primaire depuis 2001, j’ai découvert en 2015, lors de mon Master en Sciences de l’Education à l’ULg , un dispositif pédagogique innovant : les cercles de lecture. L’objectif de cet article est simplement de témoigner de la mise en place de ce dispositif. Il s’agira aussi d’en expliquer son « effet papillon »; c’est-à-dire comment, au départ d’une pratique singulière, les pratiques d’une équipe pédagogique ont évolué pour intégrer les cercles de lecture au service de l’apprentissage du « savoir lire ». Vous découvrirez ainsi en quoi cette démarche s’inscrit dans une logique ascendante, « bottom up », puisque cette innovation a abouti à la réécriture du projet d’établissement de l’école, intégrant ce nouveau dispositif pédagogique comme outil d’aide à la réussite des élèves.

L'article au format PDF 

 

Renate Valtin Université Humbolt, Berlin

Pour marquer le dixième anniversaire de la circulaire du Ministère de l’Éducation et de la Culture «Soutien aux élèves ayant des difficultés particulières dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture» (instruction officielle du 16 novembre 1999, modifiée le 11 août 2000), j’ai été invitée à titre d’expert, par le Ministère bavarois de l’Éducation et la Culture, à faire le bilan des résultats scientifiques récents et des expériences pratiques en relation avec la dyslexie (en allemand, le terme utilisé est «Legasthenie») (23 Juillet 2009). Voici l’avis que j’ai remis.

Devant la multiplicité des outils et dispositifs disponibles pour enseigner la lecture, les enseignants peuvent parfois se trouver démunis. Quelles activités proposer pour enseigner la lecture au fondamental ? Comment faire évoluer la complexité de ces activités ? Comment mieux réfléchir à la planification avec l’ensemble des enseignants d’un même cycle voire des autres cycles ?

Le texte intégral de la présentation est disponible au format PDF

Par Séverine Tellin

Séverine Tellin, professeur de français dans le secondaire inférieur,  a pris l’initiative de transposer dans des classes de première et deuxième années du secondaire une approche de l’orthographe déjà rodée dans l’enseignement primaire  : les ateliers de négociation graphique. Un précédent article portant sur cette question a d’ailleurs été publié par France Neuberg et Patricia Schillings dans le numéro 42 de Caractères: Les ateliers de négociation graphique : un outil pour comprendre les raisonnements des élèves en matière orthographique. Dans ce nouvel article, Séverine Tellin revient sur l’intérêt des ANG pour aider les élèves à surmonter les obstacles liées à la surcharge cognitive au moment de la production d’écrits et pour les stimuler à rechercher la forme correcte car ils ont souvent tendance à reléguer l’orthographe au second plan. L’analyse des erreurs réalisée dans le cadre des ANG se révèle également productive car elle met souvent en évidence le raisonnement effectué par l’élève. L’auteure termine son article par une réflexion sur les limites des ANG et les difficultés qu’elle a rencontrées dans leur mise en œuvre au secondaire. Cette contribution a également fait l’objet d’une communication lors du colloque organisé le 6 décembre 2015 sur le thème : Enseignement-apprentissage de la lecture-écriture : les garants de la participation citoyenne.

L'article en PDF

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