Notre prochaine conférence:
ENTRER EN LITTÉRATURE PAR L’ALBUM

Avec les intervenantes:
- Sophie VAN DER LINDEN
- Françoise JOHNEN
et Françoise ROGIER - Bernadette GERVAIS
Adresse:
HE2B - département pédagogique (Defré)
avenue Defré, 62 à 1180 Bruxelles
Revue CARACTÈRES
Nous avons profité de la parution du 70e numéro pour donner un nouvel élan à la mise en page et faire évoluer l’identité visuelle de la publication.
Cette refonte s’est notamment traduite par un rafraichissement de la mise en page, avec une structure plus contemporaine et une hiérarchisation plus claire des contenus. Elle a également permis d’introduire la couleur, jusqu’alors peu ou pas présente, afin d’apporter davantage de rythme, de dynamisme et de lisibilité à l’ensemble. L’objectif est de moderniser la publication tout en préservant ses repères et son identité, en inscrivant cette évolution dans la continuité des numéros précédents.
Nous espérons que cette modernisation rendra votre lecture agréable !
Ne rien faire d'autre que d'être heureux
Caractères 70 - le sommaire

- Éditorial
- Créer un journal poétique pour adolescents
Amélie Hanus - Faire vivre la poésie avant de l’enseigner : une expérience en formation initiale des enseignant·es de français
Amandine Jamsin - Dans les coulisses du Poetic Lab. Entretien avec Charlyne Audin (Haute Ecole Charlemagne)
Geneviève Hauzeur - Avec Mel Moya. Vivre une parole poétique Faire vivre un atelier Slam à de futur.e.s enseignant.es de Français et d’Éducation culturelle et artistique
Amandine Jamsin et Geneviève Hauzeur - Se connaitre dans l’immensité : du partage de vécus à la production d’écrits
Emilie Vandeville - La poésie comme espace de partage et d’émancipation. Entretien avec David Giannoni, Maëstrom éditions
Geneviève Hauzeur - Note de lecture : Pratiques de la poésie dans le secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles
Geneviève Hauzeur
Edito
Cette rentrée marque une étape importante pour l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles avec l'entrée en vigueur, en première secondaire, des nouveaux référentiels du tronc commun. En français, ceux-ci invitent à renouveler les pratiques de lecture et d'écriture en accordant une place plus importante à l'expérience des élèves, à leur créativité et à leur participation active.
C'est dans cette perspective que s'inscrit ce numéro. Plus qu'un dossier académique, nous avons souhaité donner à voir des expériences de terrain, des dispositifs de formation et des rencontres qui témoignent d'une même conviction : la poésie ne s'apprend pleinement que lorsqu'elle se vit. Il ne s'agit évidemment pas de nier les apports de la recherche en didactique – dont nous rendons d'ailleurs compte dans ces pages –, mais de montrer comment celle-ci nourrit aujourd'hui des pratiques renouvelées, capables de transformer le rapport des élèves, des étudiant·es et des enseignant·es à la langue.
Les contributions réunies ici sont diverses. Pourtant, malgré la variété des contextes, une même ligne de force se dessine. Toutes défendent une poésie accessible, incarnée, créative et profondément démocratique. Une poésie qui fait place au sujet lecteur, au sujet scripteur et à la rencontre avec les autres, loin des représentations encore trop souvent associées à un genre présenté comme difficile, élitiste, scolaire ou exclusivement masculin.
Créer un journal poétique pour adolescents
Faire vivre la poésie avant de l'enseigner : une expérience en formation initiale des enseignant·es de français
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HEB2, le 3 décembre 2025
Des procédés littéraires qui donnent de la force aux textes et à ceux qui les produisent
Mercredi 3 décembre à la HE2B, dans la salle où se déroule la conférence-atelier d’Yves Nadon, on entend voler les mouches. Le nez plongé dans le texte qu’ils sont en train de produire, 80 participants (enseignant·e·s, futur·e·s enseignant·e·s, professionnel·e·s du secteur de la culture), expérimentent un atelier d’écriture d’un genre très particulier. Trois phases de travail s’enchainent en boucle : de très brefs moments d’écriture entrecoupés de lectures d’albums dont les procédés littéraires sont analysés et des moments d’enseignement.
« Les idées ne tombent pas du ciel » ; la première leçon « Où prendre vos idées ? » est simple et efficace : les auteurs écrivent souvent et beaucoup en puisant dans les choses qu’ils aiment faire, les personnes, les endroits qu’ils apprécient ou encore dans les émotions fortes qu’ils et elles ont ressenties.
La mise en application est immédiate : six minutes sont octroyées aux participants pour lister de premières idées en lien avec ces quatre pistes d’écriture et amorcer le processus créatif. Au passage, les enjeux de la situation sont clarifiés : il s’agit de pratiquer l’écriture et non de se soumettre à une évaluation. Comme toute pratique sportive, l’apprentissage des techniques d’écriture requiert du guidage, de la répétition mais surtout de la confiance.
L’atmosphère bienveillante étant posée, les participants sont invités à piocher dans leurs premières idées tout juste listées pour faire un pas plus loin. Il s’agit à présent d’amorcer en quelques minutes la narration d’un petit moment vécu. Pour bien souligner l’importance de cette étape d’enrôlement dans le processus narratif, Yves Nadon invite les participants à amorcer deux récits « Ce ne sera pas l’œuvre de votre vie, c’est un matériau de départ que je vais vous aider à améliorer ».
Et la promesse est tenue.
On plonge d’abord dans le magnifique album de lecture Jane Yolen et John Schoenherr : « Des ailes dans la nuit ». Une lecture intégrale est offerte « pour absorber l’histoire ». Les participant.e.s sont ensuite invité.e.s à pointer des éléments textuels, des tournures de phrases élaborées/utilisées par l’auteure qui les ont personnellement marqué.e.s. Peu à peu les procédés littéraires et leurs effets sur les lecteurs sont identifiés et explicités : les évocations du caractère exceptionnel du moment, la manière dont l’auteure fait entrer le lecteur dans son univers et l’amène à se représenter le contexte tel que le perçoit la narratrice.

Extrait : https://editionsdeux.com/produit/des-ailes-dans-la-nuit/
Retour sur les textes initiés : les participants sont invités à se saisir de certains procédés littéraires mis en évidence pour rendre leurs textes plus attrayants et capter l’attention du lecteur. Le guidage est à la fois serré et bienveillant, on ne finalise rien, on envisage des révisions susceptibles de donner de la force à son texte.
Puis s’enchainent les découvertes d’autres albums : « L’histoire d’Erika » de Ruth Vander Zee, « L’autre côté » de Jaqueline Woodson, « Maman sur le fil à plomb » d’Hélène Gloria… Chaque nouvel extrait lu est analysé collectivement et vient élargir l’éventail des procédés mis à disposition des participants qui plongent et replongent dans leurs récits pour les améliorer avec un plaisir non dissimulé.


Extrait : https://editionsdeux.com/produit/lhistoire-derika/
Une heure trente plus tard, la ferveur des applaudissements en dit long sur l’efficacité de cette conférence-atelier. Le pari est gagné !
Les échanges se sont prolongés avec Martine Arpin qui a ramené l’expérience vécue dans la salle de classe et plus particulièrement à la maternelle. Grâce à des écrits d’élèves de maternelle, elle nous a montré comment proposer des moments d’écriture qui aideront les élèves à développer des représentations permettant d’entrer dans l’apprentissage formel en primaire. Laisser plus de temps aux élèves pour qu’ils découvrent, chacun où ils sont, le fonctionnement de l’écrit.


Pour en savoir plus sur nos intervenants :
Yves Nadon

Martine Arpin

Martine Arpin enseigne au primaire depuis presque 30 ans. Elle a reçu le prix Étincelle du ministère de l’Éducation du Québec en 2020 et l’ordre de l'excellence en éducation du ministère de l'Éducation du Québec pour son engagement dans son métier d’enseignante.
Martine Arpin est aussi autrice de divers articles et ouvrages sur la lecture, l’écriture et la littérature pour la jeunesse. Elle a également écrit plusieurs albums jeunesse dont le premier, Thomas, illustré par Claude K. Dubois a a reçu le prix Cécile-Gagnon de l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse.
Si vous voulez en savoir plus sur la pratique de Martine Arpin dans sa classe, rendez-vous sur son blog : https://atelierecritureprimaire.com

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